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10 flops de produits qui avaient imaginé le futur trop tôt : rétrospective 1964 – 2013

Ne vous êtes vous jamais demandé devant une idée de génie pourquoi vous n’y avez pas pensé plus tôt ?

Après avoir vu comment les publicités imaginaient le futur dans le passé, voici maintenant un article consacré à 10 pionniers révolutionnaires qui n’ont pas juste rêvé du futur, mais qui l’ont également créé… Et échoué en le créant !

Au programme

  1. Picturephone, 1964 : 39 ans avant Skype
  2. Dynabook et Xerox Alto, 1972-1973 : 38 ans avant l’iPad, 12 ans avant le Macintosh
  3. LaserDisc, 1978 : 17 ans avant le DVD
  4. RJ Reynold Premier, 1988 : 16 ans avant les premières cigarettes électroniques
  5. Seiko receptor, 1990 : 25 ans avant l’Apple Watch
  6. Nintendo VirtualBoy, 1995 : le casque de réalité virtuelle des années 90
  7. McDonald’s Arch Deluxe, 1996 : 15 ans avant les début du mouvement hipster
  8. Apple Newton, 1993 : 17 ans avant l’iPad
  9. SixDegrees.com, 1997 : 7 ans avant Facebook
  10. Google Glasses, 2013 : en avance sur les années 2020 ?

 

1. Picturephone,1964 : 39 ans avant Skype

Bell Picturephone

Nous sommes en 1964, AT&T (American Telephone and Telegraph) possède le monopole sur les télécommunications Outre-Atlantique avec son Bell System. Voici déjà 88 ans qu’Alexandre Graham Bell a déposé le brevet du système téléphonique. AT&T désire marquer un grand coup et dévoile à la New York World’s Fair un appareil révolutionnaire permettant de passer des appels vidéo !
Bell Picturephone

8 cabines téléphoniques permettent aux visiteurs ébahis de passer des appels vidéo (la plupart entre eux). Le picturephone est une des attractions de la Foire.
Bell Picturephone

Deux mois plus tard, le service commercial est officiellement inauguré par cet appel vidéo entre la Première Dame Lady Bird Johnson à Washington et un parfait inconnu dans une des cabines téléphoniques située à DisneyLand en Californie.
Bell Picturephone

Le picturephone permet aussi le partage de diapositives…

Bell Picturephone

Il fait également une apparition remarquée en 1968 dans le film 2001 l’odyssée de l’Espace.

Raisons de l’échec

Malgré les résultats très faibles des cabines téléphoniques installées à New-York, Chicago et Washington (seulement 71 appels passés lors des 6 premiers mois !) AT&T investit lourdement, croyant dur comme fer que le picturephone est l’avenir de la téléphonie. Comme pour les cabines téléphoniques, le coût du service est très salé, 160 $/mois pour la location du matériel et 30 minutes d’appels (1000$/mois au cours d’aujourd’hui). Prix exorbitant pour une valeur ajoutée plutôt faible par rapport au téléphone, le picturephone n’atteindra jamais une masse critique d’utilisateurs, nécessaire pour s’imposer comme référence et faire diminuer ses coûts.

Pourquoi Skype a marché en 2003 ?

Un mot : Internet ! Le partage de données par réseaux interconnectés fait d’énormes progrès techniques dans les années 70 et 80. La naissance et la démocratisation d’Internet dans les années 80 et 90 créent le support idéal pour les appels vidéos à frais réduits !

2. Dynabook et Xerox Alto, 1972-1973 : 38 ans avant l’iPad, 12 ans avant le Macintosh

Si aujourd’hui Xerox est surtout synonyme d’imprimantes, il fut un temps où Xerox possédait des concepts révolutionnaires sans même s’en apercevoir… Le Xerox PARC (Palo Alto Research Center) voit le jour en 1970. Fructueux laboratoire de recherche et développement, les chercheurs qui y travaillaient étaient malheureusement peu doués pour développer leurs concepts Marketing…  En 1979, un jeune entrepreneur de 24 ans visite le Xerox PARC. Peu doué pour l’informatique, il l’est beaucoup plus pour le marketing. Le PARC est une mine d’or qu’il va recycler pour sa propre entreprise. Son nom : Steve Jobs…

Dynabook, le véritable ancêtre de l’iPad (1972)

Xerox Dynabook

Nous sommes en 1968, Alan Key imagine un concept d’ordinateur, ou plutôt livre dynamique, destiné « aux enfants de tous âges ». L’objet se veut mobile, plat, léger, facile à utiliser grace à une interface graphique, chose jamais vue à l’époque… L’informaticien rejoint le Xerox PARC deux ans plus tard et développe un prototype (non-fonctionnel).

Xerox Dynabook
Steve Jobs présentant l’iPad ?

Le dynabook est malheureusement impossible à développer, car trop éloigné de la réalité de l’informatique des années 60 et 70. Il va cependant servir de socle pour le développement du Xerox Alto, tout premier ordinateur à proposer une interface graphique !
Xerox Alto

Ne faites pas attention à l’orientation verticale de l’écran ! L’interface graphique est contrôlée par un dispositif annexe au clavier, appelé « souris », permettant de déplacer un curseur sur l’écran. Ses boutons permettent de cliquer sur les éléments visuels. Je vous rappelle que nous ne sommes qu’en 1973, soit 11 ans avant l’Apple Macintosh, premier ordinateur à démocratiser la souris et l’interface graphique.

« Appuyez sur un bouton, et l’information est envoyée électroniquement à d’autres unités similaires partout dans le monde » Un email en quelque sorte ! (Le tout premier email fut envoyé en 1971).

Raisons de l’échec

Tout simplement parce que Xerox n’a jamais compris qu’ils avaient inventé le concept d’ordinateur personnel, comme le résume si bien l’extrait du film Les Pirates de la Silicon Valley ci-dessous.

3. LaserDisc, 1978 : 17 ans avant le DVD

Lancé en Amérique du Nord en 1978 sous le nom de MCA Discovision, le Laserdisc offre une meilleure qualité de vidéo et de son que ses 2 concurrents : le VHS et Betamax. D’un gabarit similaire aux 33 tours, le LaserDisc est le premier support de stockage optique à voir le jour, 4 ans avant le CD.
Pionnier LaserDisc

Qui mieux que Monsieur Spock pour vous présenter toutes les caractéristiques du LaserDisc !

Raisons de l’échec

Bien que supérieur techniquement à la VHS, le LaserDics n’a pas su répondre aux besoins du grand public, contrairement à la VHS qui a parfaitement su capter l’air du temps tout en arrivant sur le marché 2 ans plus tôt. Plus que la qualité, les consommateurs recherchent avant tout un support leur permettant d’enregistrer et réenregistrer leurs programmes TV durant plusieurs heures. Le LaserDisc ne permet pas l’enregistrement. D’autre part, chaque face du disque ne peut contenir que 30 à 60 minutes de vidéo, forçant donc à retourner le disque en plein milieu d’un film… Le prix du lecteur est également exorbitant, ce qui va donc réserver son usage à un public de cinéphiles avertis, peu développé dans les années 70 et 80.

Pourquoi le DVD a marché en 1995 ?

Tout comme le LaserDisc, le DVD possède un défaut majeur : il ne permet pas l’enregistrement. Cependant, il corrige bien d’autres défauts qui ont fait l’échec du LaserDisc. Tout d’abord, il est possible de faire tenir un film entier (et bien plus) sur une seule face. Ensuite son prix, cher à ses débuts mais rien de comparable avec le LaserDisc. Il est donc abordable pour Monsieur Tout le Monde.

Enfin, il ne se pose pas en concurrence directe avec le magnétoscope, mais comme un achat complémentaire. Le magnétoscope est entré dans tous les foyers au milieu des années 90, il n’y a donc pas de choix à faire entre l’un ou l’autre. Le DVD ouvre la porte de la cinéphilie au grand public. Il va même pousser à l’essor des systèmes sonores externes 5.1 et autres grands écrans plats permettant de maximiser ses performances !

4. RJ Reynold Premier, 1988 : 16 ans avant les premières cigarettes électroniques

Les mouvement de lobbying anti-cigarette commencent à se faire entendre sérieusement dans les années 80. L’industrie du tabac arrivait jusque là à nous vendre du rêve à l’américaine avec la cigarette, et même vous faire croire que c’est bon pour votre santé, cela ne sera désormais plus possible. Sentant le vent tourner, RJ Reynold, connu pour sa célèbre marque Camel, dépense 300 millions de dollars pour le développement de sa nouvelle cigarette, ressemblant comme deux gouttes d’eaux à n’importe quelle autre cigarette.

RJ Reynolds premier smokeless cigarette

Sous son capot se cache cependant un mécanisme bien ingénieux comprenant une capsule aromatique.
RJ Reynolds premier smokeless cigarette

Raisons de l’échec

  • Un goût « de merde », là où les capsules de nos récentes cigarettes électroniques ont des saveurs envoûtantes !
  • Une difficulté d’utilisation, là où il suffit d’appuyer sur un bouton pour vapoter aujourd’hui.

La Premier ne trouve donc pas son public, elle sera enterrée 4 mois seulement après ses débuts…

5. Seiko Receptor, 1990 : 25 ans avant l’Apple Watch

Le concept de smartwatch n’est pas né de la dernière pluie ! En 1977, HP introduisait la HP-01, première montre digitale multifonction, comprenant une calculette en plus de donner l’heure. En 1982, Seiko lançait la Pulsar NL01, contenant 24 bits d’informations et pouvant être raccordée à une imprimante ou un slot de carte mémoire. Il faudra attendre 1990 pour que soit commercialisée la première smartwatch connectée, c’est à dire capable de recevoir des données sans fil.

Seiko Receptor

« Le futur est arrivé » selon cette plaquette publicitaire ! Véritable prouesse technologique pour 1990, la montre est capable de recevoir de courts messages de 16 caractères et conserver en mémoire les huit derniers messages reçus ainsi que leurs numéros émetteurs !
Seiko Receptor
Plutôt simple d’usage qui plus est : un bouton pour l’heure, un bouton pour les messages. Ne cherchez pas d’écran tactile, ni même de touches de clavier, la Receptor n’est qu’un récepteur comme son nom l’indique.

Raisons de l’échec

Prix assez élevé (240 €) comparé aux simple bipeurs de l’époque.

Pourquoi il est encore trop tôt pour savoir si l’Apple Watch est une réussite ou un échec…

Deux ans seulement après la sortir de l’Apple Watch, Apple devient le numéro 1 sur le marché de l’horlogerie devant Rolex. Force est donc de constater que la montre se vend très bien. Cependant, avis personnel partagé par d’autres, la montre connectée n’a que peu d’utilité en dehors de mesurer votre pouls, comparé à notre smartphone, que nous avons toujours à portée de main de toute façon… L’écran sera toujours trop petit pour un usage régulier et vous n’aurez toujours qu’une main pour consulter votre smartwatch ! Reparlons-en dans quelques années…

6. Nintendo VirtualBoy, 1995 : le casque de réalité virtuelle des années 90

Le Virtual Boy est un ovni dans le monde des consoles portables !

VirtualBoy

Nintendo se veut innovant dans sa guerre des consoles avec SEGA. Le VirtualBoy va vous faire entrer dans une nouvelle dimension… ou pas !

Raisons de l’échec

Une console portable pas portable, des graphismes monochromes rouges à vous faire saigner les yeux, de vrais dangers sur la santé, un prix trop élevé, très peu de jeux développés utilisant la 3D… Bref nous étions très loin du succès.

Pourquoi les casques peint encore à percer aujourd’hui ?

Les casques de réalité virtuelle font beaucoup parler d’eux depuis 2016. Enfin abordables, de nombreux jeux et Apps permettent enfin de se plonger dans un environnement virtuel. Cependant, il manque encore un Killer Game ou une Killer App, le Tetris pour la GameBoy ou Super Mario Bros pour la NES… Ces jeux ultra addictifs qui justifient l’achat de l’appareil à eux seuls et permettent de toucher un public hors du cœur de cible. Cela pourrait arriver très bientôt !

7. McDonald’s Arch Deluxe, 1996 : 15 ans avant les début du mouvement hipster

Désireux de toucher un public plus adulte au milieu des années 90, McDonald’s décide d’innover avec ce burger aux ingrédients se voulant plus sophistiqués, bien que très classiques en y regardant de près…

McDonald's Arch Delux
McDonald’s y va même de son Chef pour présenter l’Arch Delux !

Raisons de l’échec

McDonald’s n’était tout simplement pas crédible pour parler de nourriture raffinée. Le burger tire sa révérence aux Etats-Unis en 2000.

Pourquoi le Burger Gourmet signature de McDo risque de connaître le même sort malgré l’évolution des mœurs ?

Le burger gourmet est typiquement un plat prisé des hipsters hexagonaux, comme l’ont démontré les succès des Big Fernand et autres Camion qui fume. Les années 2010 soient la décennie des hipsters. Le hipster a peur du « mainstream ». Il rejette la société de consommation tout en l’adorant secrètement.

Comme tout bon sociotype, le hipster possède ses propres codes culturels, vestimentaires et alimentaires. Le hipster s’alimente de burgers sophistiqués. Attention cependant, McDonald’s est un mot tabou dans son vocabulaire, malgré les efforts du géant américain pour les séduire avec ce burger (13,60 € pour le menu tout de même !) qui peut se vanter d’une tranche de bacon fumé au bois de hêtre, de tranches de Fourme d’Ambert AOP, d’oignons fondants, et plus étonnant encore, de couverts !

Avouez que c’est tout de même tentant… Si seulement c’était pas Mcdo !

8. Apple Newton, 1993 : 17 ans avant l’iPad

Steve Jobs remercié, Apple connaît un passage à vide au tournant des années 90. Initié en 1987, le Newton verra finalement le jour en 1993. Le nom Newton est loin d’être aléatoire, souvenez-vous, le premier logo d’Apple représentait Isaac Newton sous son arbre.

Apple Newton

Le Newton est votre assistant personnel. Avec son écran tactile, vous pouvez prendre des notes, consulter votre agenda, envoyer des fax et emails. L’objet tient dans votre poche (nos poches étaient plus larges dans les années 90 souvenez-vous !).

Raisons de l’échec

L’écran tactile était la promesse, il fut finalement la cause de l’échec. L’usage du stylet n’est pas pratique. A son retour à la tête d’Apple en 1997, Steve Jobs mettra un terme au Newton, déclarant au sujet du stylet que « Dieu nous a donné 10 stylets, n’en inventons pas un de plus ». Tout ceci est résumé en 10 secondes dans cet extrait des Simpsons !

Pourquoi l’iPad a marché en 2010 ?

Beaucoup de personnes étaient dubitatives quant à l’intérêt de l’iPad lors de son lancement en 2010 (moi le premier). Cependant, force est de constater qu’il a connu un succès planétaire. Il s’agit tout d’abord d’un très bel objet, chose courante chez Apple depuis le second passage de Steve Jobs. L’écran tactile répond très bien, la définition d’image est très bonne. L’iPhone répond aux besoin mobiles, l’iPad répondra aux besoins « semi-mobiles », c’est à dire un appareil voyageant avec vous dans les grandes occasions, mais voyageant surtout entre votre canapé, votre lit et vos toilettes !

9. SixDegrees.com, 1997 : 7 ans avant Facebook

Longtemps avant Facebook, MySpace, Friendster, il y avait SixDegrees.com, premier réseau social dont le nom fait référence à la théorie des 6 degrés de séparation liant tous les personnes au monde.

SixDegrees

Capture d’écran de la page d’accueil en avril 1998, il y a tout juste 20 ans…

SixDegrees.com propose aux internautes de se créer un profil, créer des cercles d’amis, publier des « bulletins », chatter avec leurs amis ainsi que les amis d’amis. Le site compte 3.5 millions d’utilisateurs à son apogée. Il sera vendu 125 millions de dollars en 1999 mais fermera 2 ans plus tard, car largement déficitaire…

Raisons de l’échec

Selon Andrew Weinreich, fondateur de SixDegrees.com, l’entreprise était trop en avance sur son temps, beaucoup d’utilisateurs découvraient à peine le web, avec des réseaux d’amis en ligne trop limités et des difficultés pour envoyer des photos digitales (les appareils photo numériques étant rares à l’époque). Malgré un chiffre impressionnant de 3,5 millions d’utilisateurs, peu y retournaient régulièrement. D’autre part, le site ne générait pas assez de revenus pour être rentable, le business modèle de la publicité en ligne étant encore à ses balbutiements !

10. Google Glasses, 2013 : en avance sur les années 2020 ?

Quels sont les objets du quotidien encore négligés par la technologie au début de cette décennie ? Les montres, les bagues et les lunettes.
Google Glass

Contrairement aux montres et bagues, les lunettes ont l’avantage d’être sous vos yeux, vous gardez donc vos 2 mains libres. Vous avez sur le visage un bijou de technologie : caméra intégrée, micro, pavé tactile sur l’une des branches, mini-écrans, accès à internet par Wi-fi !

Raisons de l’échec

De quoi avez-vous l’air en marchant dans la rue avec sur votre visage un appareil à 1500 € ? C’est plutôt moche, gênant, pas trop discret et facile à arracher, non ? Est-ce vraiment nécessaire quand vous avez déjà un smartphone dans votre poche ?

Quelle leçon tirer de cet échec ?

Nous cherchons à exploiter tous nos accessoires vestimentaires pour les rendre « smart ». Cette stratégie touche probablement à sa limite. Peut-être les années 2020 verront l’avènement des biotechnologies, faisant de quelques privilégiés des êtres humains « augmentés ». Plus besoin de lunettes intelligentes, la technologie est greffée sur votre pupille directement !

N’ayez pas peur, le futur vous tend sa main bionique.

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